Carnet de routes et de chemins

La Constellation des Intranquilles

27/03/2018

A propos de Bretagne-Tras-os-Montes de Gérard Fourel, publié chez Melo éditrice, format 13 x 18 cm, 160 pages, 29 €

Qu’est-ce qui fait la patte d’un photographe ? Comment reconnaît-on que le déclic vient d’un seul et même doigt, aujourd’hui que nous sommes saoulés d’images trop propres pour être distinguées ? De Gérard Fourel on peut dire que l’on reconnaît très vite ses photos, comme étant les siennes et de nul autre. Cette évidence entourée de mystère – les deux traits réunis faisant la valeur de l’artiste, en général – il nous semble qu’elle provient de la puissance du noir, de la manière dont il rayonne, vibre, tranche et résonne avec le reste. Tout se joue dans le contraste et surtout la composition, ces deux sciences ici intuitives et bienvenues. 

Que voit-on dans son dernier livre Bretagne-Tras-os-Montes ? Des images qui ont pour le photographe valeur d’anthologie et de rétrospective. Elles résument et animent quarante ans de regard, elles pistent l’itinéraire du Fougera...

08/02/2018

Xavier Arpino est photographe et chef opérateur pour le cinéma documentaire.

Depuis 2016, il fait partie du projet WOLF (WildnessOfLiFe), organisation basée à Andorre qui oeuvre pour la création d’un sanctuaire pour le loup ibérique dans les montagnes catalanes. 

Il participe aux débats et filme l’activité de l’association dans le but de réaliser un documentaire sur la création de ce sanctuaire, des problématiques politiques et des enjeux environnementaux qui y sont liés.

Jardin zoologique du parc de la Tête d’or, Lyon.

Rester un long moment à observer le manège des visiteurs et des animaux.
Les animaux se cachent, les visiteurs passent sans s’arrêter.

Les animaux réapparaissent, les humains s’agglutinent.

Imparable scénario cyclique.

Autour de l’espace des lions asiatiques, j’entends un père dire à ses enfants : « Ça va … Ils ont de la place quand même ». Les enfants n’ont pas répondu. En regardant ce petit terrain muré d’un coté, ouvert au public de l’autre, je m'interroge : Jusqu’à quel po...

Photographie : © Gérard Fourel

C’est là-bas, derrière le talus. Le talus n’est pas haut. Figurez-vous une vague bosse, ou plutôt une vague qui bossue à peine le paysage.

La plaine est autour, champagne immense qui s’étend à perte de vue. A perte de vue, figurez-vous le, il n’y a rien. Pas un obstacle, pas un muret ni la moindre cabane. Un arbre, peut-être, un saule un peu plié qui résiste à tant de plaine, à tellement d’horizon que cet arbre-là, voyez-vous, pourrait être signalé sur une carte. Il mériterait d’être couché quelque part sur un registre des arbres qui résistent, et à l’inventaire de la résistance des arbres, celui-ci pourrait figurer en bonne place, oui, ces quelques branches, ces rameaux tordus, cet arbuste quasi fantomatique mais qui est là. Honneur de cet arbre, voyez-vous.

Mais à cette distance, force nous est de constater que nous ne sommes pas certains que cet arbre soit un arbre. Nous verrons, nous nous approcherons, car il est si loin. Nous prendrons le temps. Car nou...

 Photographie : © Gérard Fourel

Elle a descendu les marches quatre à quatre. Sa jupe voltigeait, le drap noir aussi léger qu’un crépon de papier. Sa précipitation n’était ni feinte ni affolée. Son visage était lui-même pris dans ce mouvement. Personne n’aurait pu la reconnaître, d’autant que ses longues mèches noires recouvraient pour partie ses yeux. Et ce sont les yeux, n’est-ce pas, qui identifient la personne.

Dans la grande maison, son pas dans l’escalier ne pouvait résonner. C’est à peine si elle touchait les marches. Sa main volait sur la rampe lourde au bois sombre ; ses doigts si fins glissaient dessus. Des plumes.

Sa robe soudain gonflée comme un ballon et dans le mouvement qui suit se rapprochant de sa taille, voltigeant encore, son corps dedans comme un arbre dans la tempête vole.

En trois temps, trois mouvements, elle sauta sur le palier aux planchers blonds.

Si le mouvement l’avait permis, ses doigts auraient retrouvé la mémoire au moment d’affleurer, à mi escalier, le pilier...

Esqueci-me de filmar estas férias. Guardei todos os dias, no bolso de pele que trago de encontro ao peito.

Estávamos todos lá, presentes e ausentes, partidos e recém chegados. Mesmo nas casas vazias, de venezianas fechadas, sem espreguiçadeiras nos balcões, nem toalhas no varal, vi-nos a todos, a limpar a areia dos pés, a caminhar em bandos de crianças soltas como gaivotas, atirando gargalhadas como quem atira sementes, aos punhados. Sandálias de borracha, coloridas, nos pés, pés descalços, de sola cor de chão, cor de breu, cor de almagre, cor de nada. Canivetes e canas de pesca, guitarras e nunus, baldes e pás, boias e barbatanas, óculos de ver o fundo do mar. Vi-nos a todos, aos nossos pais que partiram, aos nossos filhos que chegaram, numa reunião ímpar, sob o mesmo sol.

Voltar com tempo, seja por que motivo, ao lugar onde crescemos, ao lugar onde trocamos a chucha por um lápis, um gelado por um beijo, é voltar a nascer. A última noite num lugar, torna-se a primeira,descobre-se porque...

Uma parede velha que encontrei, em São Miguel. Um dia muito cedo em que acordei mais cedo ainda, para deambular pela ilha. Procurava a minha mãe e encontrei esta parede tão gasta como a dum mapa estelar. Foi a primeira percepção de que mais nada seria igual, a partir daquele mês. São desenhos do tempo e mapas de vida que vão servir de pano de fundo para alguns desenhos.

Já te tinha mandado,na altura em que as fotografei, mas hoje puxei-lhes a cor. 

Parece uma pintura rupestre pleidiana.

Paredes gastas, tintas sobrepostas, mil folhas de vida,  do vermelho que se fez rosa, do cobalto, amarelo. Mapa cósmico de existências coloridas, desmaios do tempo, interrupções repentinas e mortes frequentes. Um dia tudo acaba, no mesmo recomeça. Cortinas de noite, janelas de dia, estrelas que se apagam, mas brilham teimosas, por galáxias tão lentas como compreensivas. 

À velocidade do silêncio, nas cinzas dos dias, faz sol, até ser noite.

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Un vieux mur que j'ai trouvé à São Miguel. Un jour, très tôt...


Autant demander de partir en vélo acheter le pain à un tétraplégique ! Autant préconiser la clémence à un lion affamé ou à une souris face à la ville de Gruyère. Au fait, n’y a-t-il que des tapettes tout partout à Gruyère ?

Question bête comme nous saurons en poser. Et des moins futiles, et des plus métaphysiques !

C’est que Marc Weymuller m’a demandé d’ouvrir le premier édito du blog. Le blog singulier du Tempestaire et grand ouvert de la Constellation des intranquilles.

Existent des blogs pour les pêcheurs de truites en eaux vives. D’autres pour les pédicures (sous hypnose ou non), d’autres, des très spécifiques pour les amateurs de polars pygmées ou certains, plus ouverts, des blogs destinés aux tenants du prédicat en lieu et place de taxinomies grammaticales de toute façon toutes plus absconses les unes que les autres.

Le blog qui s’ouvre officiellement devant vos yeux et vos mains, c’est le blog des yeux et des mains. Aussi des oreilles. Le blog du désir, pas d’avenir, mais d...

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