Je suis né dans un petit village du littoral portugais. Après avoir suivi un cours dans une école de formation technique, je suis parti travailler à Lisbonne dans une entreprise de cinéma publicitaire. Oui, de cinéma. On filmait encore en 35 mm les détergents et les téléphones portables. Ca n'a pas duré très longtemps, c'était un peu trop "glamour"... j'ai démissionné et je suis passé d'un travail à un autre, dans des chantiers, des bars. J'ai finalement décidé de terminer le lycée et j'ai porté ma candidature à l'université. J'ai lu dans une revue sur Baudrillard que l'anthropologie était une des rares disciplines capable de se confronter à l'absurdité du monde ou à des choses semblables. J'avais une vague idée de ce qu'était l'anthropologie. Je suis allé à la bibliothèque municipale et j'ai rapporté Tristes Tropique de Lévi-Strauss. Je suis entré à l'université du Trás-os-Montes e Alto Douro en 2000, dans une annexe de cette faculté située dans la région frontalière du Planalto Mirandês. J'ai continué à vivre dans cette région encore quelques années après avoir terminé ma licence, en faisant un peu de tout, dans cette région dite "éloignée" et en collaborant avec un groupe de personnes engagées dans un certain sursaut de la vie rurale, qui ne manquait pas de contradictions et de romantisme, à travers des actions de conservation et de promotion du patrimoine culturel et naturel. Après cela, je suis revenu à l'université, cette fois-ci à Barcelone, où j'ai étudié le cinéma documentaire. Je n'ai jamais réussi à me définir comme "cinéaste" ou comme "anthropologue".  Je crois que je ne suis ni l'un ni l'autre. Je n'ai pas la nécessité vitale de filmer. Je pourrais passer le reste de ma vie sans utiliser un quelconque dispositif de fabrication d'images. Un cours passage dans la sphère académique, comme chercheur, m'a permis de comprendre que le modus operandi de l'université contemporaine favorisait le plus souvent l'occultation de la connaissance et la reproduction d'un certain modèle économique au détriment d'une idée utopique de l'université comme lieu de résistance, de clarification et de création de possibles. Actuellement, je vis dans une petite bourgade de l'Alentejo, au sud du Portugal et je survis de façon précaire en collaborant dans divers organisations et collectifs, à la frontière de l'anthropologie, du cinéma et de la performance artistique.

 

 

Nasci em 1979 numa pequena aldeia do litoral português, após um curso de vídeo numa escola de formação técnica fui trabalhar para Lisboa numa empresa de cinema publicitário, sim cinema, ainda se filmavam detergentes e telemóveis em 35mm. Não durou muito, demasiado “glamour”... despedi-me e vagueei por trabalhos indiferenciados, construção, bares... entretanto decido terminar o liceu e candidatar-me à universidade. Li numa entrevista ao Baudrillard que a antropologia era uma das poucas disciplinas capazes de enfrentar o absurdo do mundo ou qualquer coisa assim... tinha uma vaga ideia do que era a antropologia, fui à biblioteca municipal e trouxe para casa o Tristes Trópicos do Lévi-Strauss. Ingressei na universidade de Trás-os-Montes e Alto Douro em 2000, numa extensão desta instituição situada na região fronteiriça do Planalto Mirandês. Vivi nesta região mais alguns anos após concluir a licenciatura, a fazer de tudo um pouco, nesta zona dita “remota” e a colaborar com um grupo de pessoas empenhadas num certo ressurgimento do rural, não isento de contradições e de romanticismo, através de acções de conservação e promoção do património cultural e natural. Depois disso regressei à universidade, desta vez em Barcelona onde estudei cinema documental. Nunca me consegui definir como “cineasta” ou como “antropólogo”, acho que nem sou uma coisa nem outra. Não tenho uma necessidade vital de filmar, poderia passar o resto da minha vida sem usar um dispositivo de fabricação de imagens. E uma curta passagem na academia, como investigador, fez-me perceber que o modus operandi da universidade contemporânea previligia mais a ocultação de conhecimento e a reprodução de um certo modelo económico em detrimento de uma ideia utópica da universidade com lugar de resistência, de esclarecimento e de criação de possibilidades. Actualmente vivo numa pequena vila do Alentejo, no sul de Portugal e sobrevivo precariamente a colaborar com várias organizações e colectivos, nas fronteiras entre antropologia, cinema e artes performativas.

Gonçalo Mota

Cinéaste ou anthropologue?

Né en 1979 

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