Carnet de routes et de chemins

La Constellation des Intranquilles

Photographie : © Gérard Fourel

C’est là-bas, derrière le talus. Le talus n’est pas haut. Figurez-vous une vague bosse, ou plutôt une vague qui bossue à peine le paysage.

La plaine est autour, champagne immense qui s’étend à perte de vue. A perte de vue, figurez-vous le, il n’y a rien. Pas un obstacle, pas un muret ni la moindre cabane. Un arbre, peut-être, un saule un peu plié qui résiste à tant de plaine, à tellement d’horizon que cet arbre-là, voyez-vous, pourrait être signalé sur une carte. Il mériterait d’être couché quelque part sur un registre des arbres qui résistent, et à l’inventaire de la résistance des arbres, celui-ci pourrait figurer en bonne place, oui, ces quelques branches, ces rameaux tordus, cet arbuste quasi fantomatique mais qui est là. Honneur de cet arbre, voyez-vous.

Mais à cette distance, force nous est de constater que nous ne sommes pas certains que cet arbre soit un arbre. Nous verrons, nous nous approcherons, car il est si loin. Nous prendrons le temps. Car nou...

 Photographie : © Gérard Fourel

Elle a descendu les marches quatre à quatre. Sa jupe voltigeait, le drap noir aussi léger qu’un crépon de papier. Sa précipitation n’était ni feinte ni affolée. Son visage était lui-même pris dans ce mouvement. Personne n’aurait pu la reconnaître, d’autant que ses longues mèches noires recouvraient pour partie ses yeux. Et ce sont les yeux, n’est-ce pas, qui identifient la personne.

Dans la grande maison, son pas dans l’escalier ne pouvait résonner. C’est à peine si elle touchait les marches. Sa main volait sur la rampe lourde au bois sombre ; ses doigts si fins glissaient dessus. Des plumes.

Sa robe soudain gonflée comme un ballon et dans le mouvement qui suit se rapprochant de sa taille, voltigeant encore, son corps dedans comme un arbre dans la tempête vole.

En trois temps, trois mouvements, elle sauta sur le palier aux planchers blonds.

Si le mouvement l’avait permis, ses doigts auraient retrouvé la mémoire au moment d’affleurer, à mi escalier, le pilier...


Autant demander de partir en vélo acheter le pain à un tétraplégique ! Autant préconiser la clémence à un lion affamé ou à une souris face à la ville de Gruyère. Au fait, n’y a-t-il que des tapettes tout partout à Gruyère ?

Question bête comme nous saurons en poser. Et des moins futiles, et des plus métaphysiques !

C’est que Marc Weymuller m’a demandé d’ouvrir le premier édito du blog. Le blog singulier du Tempestaire et grand ouvert de la Constellation des intranquilles.

Existent des blogs pour les pêcheurs de truites en eaux vives. D’autres pour les pédicures (sous hypnose ou non), d’autres, des très spécifiques pour les amateurs de polars pygmées ou certains, plus ouverts, des blogs destinés aux tenants du prédicat en lieu et place de taxinomies grammaticales de toute façon toutes plus absconses les unes que les autres.

Le blog qui s’ouvre officiellement devant vos yeux et vos mains, c’est le blog des yeux et des mains. Aussi des oreilles. Le blog du désir, pas d’avenir, mais d...

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